Jacques Charlier

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Dernière mise à jour : le 04/09/08








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Peinture,sculpture, photo, vidéo, écriture, musique, B.D.,caricatures, mise en scène.


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FAITH IN ART

I am fascinated by the air. If we took the air out of the sky, all the birds would fall to the ground.
Jean-Claude Van Damme

Art has it own liturgy, complete with its own martyrs, mystics and of course, clergy and pious images. In its postmodern form, art has taken on the format and profile of a product, and it is promoted and distributed according to strict rules. It is no longer the mere reflection of the world—art is its messy copy, its hologram, its virtual double. With the miracle of the found object, it soon became commonplace for art to transform any old object into something sublime. Such a gift from the heavens obviously is not meant for any old audience and is not practiced in any old place. The urinal, like the Shroud of Turin, has justified the transformation of the slightest breeze into a spiritual added value that we claim to pin to the rocks of history.

Large-scale avant-garde events are first and foremost theatrical events, during which artists put their narcissism on display by decorating their assigned cubicles. So art becomes the strong arm of mass tourism, fluctuating with the fashion of the day. Today art is becoming increasingly similar to old county fairs, complete with carrousels, ghost trains and curiosities. They are legitimised through the production of massive catalogues that get read about once, and through the media. Art has to maintain a provocative image to entice its artificially rebellious and wannabe-marginal bourgeois audience. Beyond being cool and hip, art has to be aware. In fact this global, childish ritual takes the idle, naïve masses hostage, making them feel guilty for their boredom and indifference with crappy, useless installations. Since they couldn’t possibly understand or crack the code, they’re reduced to focusing on the impressive architecture of the space and how unusual it all feels, or on the sheer number of sophisticated—but frequently malfunctioning—video cameras or on the number of guards and guides funnelling them through the exhibition, filling the void with empty chatter as they drift from one hollow piece to the next. The public ends its pilgrimage frustrated and faithless and still not in possession of the key to the joy of contemplation. Because in the end, even though no one talks about it anymore, that’s exactly what we’re it’s all about. Art should at least awaken in us mere mortals the very thing we all have in common by providing us with a moment of spiritual well being, a brief moment of wholeness. The problem is that there is nothing fun about generalised aestheticism, even when it has humorous overtones. The avant-garde, to be taken seriously these days, has to be new, pompous, clean, empty, miserable, victimising, morbid and above all, without joy.

What if we were to practice the reverse? Rather than trying to force happiness, what if we asked happy people to tell us why they’re happy?

Its nothing big, it might even be simplistic, but at least in the art world—no, in the world, it could help.

Dorothy MARROW
April 2003


traduit par A.J. :

CONFIANCE EN L’ART.

Je suis fasciné par l’air. Si on enlevait l’air du ciel, tous les oiseaux tomberaient au sol.
Jean-Claude Van Damme

L’art a sa propre liturgie, pourvue de ses martyrs, mystiques et, bien sûr, de son clergé et de ses icônes. Dans sa forme post moderne, l’art a adopté le format et le profil d’un produit, sa promotion et sa distribution suit des règles strictes. Il n’est plus le simple reflet du monde – il n’est que sa copie vulgaire, son hologramme, son double virtuel. Avec le miracle de la création de l’objet, il est rapidement devenu courant pour l’art de transformer n’importe quel vieil objet en quelque chose de sublime. Un tel cadeau du Ciel n’a évidemment aucun sens pour un ancien public et n’est pratiqué dans aucun endroit. L’urinoir, comme le Linceul de Turin, a justifié la transformation d’une petite brise en une valeur ajoutée spirituelle dont nous réclamons l’inscription dans les pages de l’histoire.

Les manifestations avant-gardistes de grande échelle sont d’abord et, la plupart du temps, des événements théâtraux, durant lesquels les artistes mettent en avant leur narcissisme par la décoration de leur alcôve. Ainsi l’art devient le bras armé du tourisme de masse, variant selon la mode du jour. Aujourd’hui l’art devient semblable aux vieilles fêtes de village, avec leurs carrousels, trains fantômes et curiosités. Il est légitimé par la production de gros catalogues inutiles, et par les médias. L’art doit maintenir une image provocatrice pour attirer ses rebelles de pacotilles et son audience de bourgeois marginaux. Outre être cool et à la page, l’art doit être aware. En fait, ce rituel enfantin prend en otage les masses naïves et désœuvrées, leur donnant l’impression d’être responsable de leur ennui et de leur indifférence, avec des installations merdiques et inutiles. Comme il est impossible qu’ils puissent comprendre ou déchiffrer le code, ils sont réduits à appréhender l’architecture impressionnante de l’espace et combien tout cela leur semble peu commun, ou à se focaliser sur le nombre de caméras de surveillance high-tech – souvent défectueuses – ou encore à remarquer le nombre de gardes et de guides déambulants d’une pièce vide à l’autre de l’exposition en remplissant ce vide de discours creux. Le public termine son pèlerinage frustré et sans posséder la clef menant à l’extase de la contemplation. En fin de compte, même si personne n’en parle, c’est exactement de cela qu’il s’agit. L’art devrait au moins réveiller en nous, pauvres mortels, la chose que nous avons tous en commun en nous prodiguant un moment de bien-être spirituel. Le problème est qu’il n’y a rien de drôle dans l’esthétique moderne, même quand elle se donne un ton humoristique. L’avant-garde, pour être prise au sérieux, doit être novatrice, pompeuse, propre, vide, misérable, culpabilisante, morbide et par-dessus tout, sans humour.

Que se passerait-il si nous faisions l’inverse ? Au lieu d’essayer de forcer le bonheur, que ce passerait-il si nous demandions aux gens heureux pourquoi ils sont heureux ?

Cela n’a rien de grandiose, cela est même simpliste, mais au moins dans le monde de l’art – non, dans le monde, cela peut aider.

Dorothy MARROW

Avril 2003.



Jacques Charlier (*1939) lebt in Liège/Lüttich/Luik und zählt zu den bedeutenden Vertretern der belgischen Kunstszene, zuletzt hatte er auf Einladung des ehemaligen Documenta-Leiters Jan Hoet im S.M.A.K. Gent eine große Einzelausstellung. Im Nachbarland Deutschland ist er jedoch kaum bekannt. Falls Sie die Werke und Texte von Jacques Charlier verwirren, so bedenken Sie, dass es sich hierbei um den „Belgian Effect“ handeln könnte. Denn in unserem Nachbarland, das auch Heimat von James Ensor, René Magritte und Marcel Broodthaers war, entstand offenkundig ein distanzierterer Blick auf die Kunst in der Moderne. Er eröffnete einen Raum für Inszenierungen, Karikaturen und Doppelungen der jüngsten Kunstgeschichte - den Raum, der von Jacques Charlier seit 1962 immer wieder neu, in verschiedensten künstlerischen Medien und mit großer aktions- und malereitechnischer Virtuosität, bespielt wird.

Susanne Titz
Leiterin NAK