André Romus

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André Romus réalise des toiles à l’acrylique mais il préfère les matières organiques ou minérales, telles le brou de noix, le bitume et le quartz. Sa palette, elle aussi, se résume aux couleurs de la pierre et de la terre : gris, bruns, ocres, blancs et noirs qu’une note, parfois, de bleu violacé fait vibrer davantage. Avec le racloir, son outil privilégié, il étale et écrase la pâte en larges rayures qui déterminent à la fois les formes, la construction et la composition de l’oeuvre.


La matière étirée fait apparaître la trace des raclures, des griffures, des crêtes ou des effilochures sur les bordures ou encore, le grain de la pierre lorsqu’il peint avec du quartz.
Ces «barres» vigoureuses de matière dense ou légère, épaisse ou fluide, pressée avec force ou posée délicatement, se côtoient
ou se superposent, se disputant l’ombre et la lumière.



La peinture d’André Romus est résolument abstraite. Il ne part pas d’un objet ou d’un paysage pour
ensuite le déformer, l’épurer,
le décanter, l’abstractiser, en somme. Inversément, il ne cherche
pas à susciter l’apparition d’une image telle celle que peuvent
suggérer les nuages ou les murs délabrés. Tout au contraire,
André Romus refuse le sujet et hait l’anecdote. Et pourtant, la
tentation est grande, il le sait, de reconnaître des formes, de les
nommer ou encore d’en imaginer. Son tableau n’est pas non plus
ni l’expression de sentiments, ni le portrait de son âme, ni même
l’exaltation d’une émotion fugitive.


André Romus vit sa peinture comme mode de connaissance
de l’univers; sa quête est celle du sens profond de la vie, de
l’inconnaissable ou plutôt, comme il le dit lui-même, de l’«inconnu
du réel».


Lorsque le peintre charge sa spatule de couleur, de bitume ou de
quartz et qu’il va l’étaler avec force ou retenue sur la toile, c’est
dans les entrailles de la terre et de son corps qu’il puise l’énergie.
Lorsqu’il relève l’outil et laisse filtrer un rais de lumière entre deux raclures de matière dense, c’est l’infini du ciel qui se manifeste, c’est l’immensité de l’espace qui se déclare, c’est
peut-être aussi une faille qui s’entrouvre sur les profondeurs abyssales. Le tableau apparaît alors comme un fragment, un «vol
arrêté» du mouvement continuel dans lequel l’homme inscrit sa vie.



L’acte de peindre pour André Romus, n’est pas une illustration de son investigation, c’est un investissement total. C’est un acte
de vie, physique et mental. La pensée guide le travail, traverse
le corps et conduit le bras qui la prolonge. André Romus aime
cette matière (la toile, le papier, l’encre, le bitume, le quartz...)
qui devra exprimer l’Idée. Mais cette matière est parfois rebelle,
elle offre des résistances, des accidents, des imperfections qu’il
faut contrôler, maîtriser ou... laisser faire et exploiter. Le travail est alors un combat –ou un compromis?– entre la matière et le moi du peintre. Qui s’impose à l’autre? André Romus choisit la
voie de l’humilité. L’accident, dit-il, est porteur de créativité; il ne
faut pas le rejeter, le gommer ou le corriger mais l’accueillir avec
confiance, car le hasard n’existe pas, dit-il encore, et souvent,
l’accident « suggère la voie cachée ».



Bien que par des chemins très différents, André Romus ne
rejoint-il pas Mondrian dans sa déclaration: « par l’intériorisation
de ce qui est connu comme matière et par extériorisation de
ce qui est connu comme esprit – jusqu’ici trop séparés! –
matière-esprit devient une unité.»?


Anne Gersten.


Mai 2004







André Romus realisiert seine Leinwände mit Acrylfarben,
bevorzugt jedoch organische oder minerale Materien wie
Walnusschalen, Teer und Quartz. Seine Palette fasst sich
zusammen aus den Farben des Stein und Erdreichs: grau,
braun ocker, weiss und schwarz , manchmal durch eine blauviolette
Note zum vibrieren gebracht. Mit dem Spachtel, seinem
Lieblingswerkzeug, verteilt uned zerquetscht er die Paste in
breiten Streifen, die die Formen, die Konstruktion und die
Komposition des Werkes bilden Durch die ausgezogene Materie
erscheint die Spur der Abschabsel, Kratzer, Aufwürfe oder
Ausfransungen an den Rändern oder die Steinkörnung beim
Malen mit Quartz. Diese energischen « Riegel » aus dichter oder
leichter Materie, dünn-oder dickfüssig, mit Kraft aufgedrückt oder
zart auferlegt, neben-oder übereinander, machen dem Licht den
Schatten streitig.



André Romus Malerei ist vollkommen abstrakt. Er geht nicht von einem Objekt oder einer Landschaft aus um sie dann zu
verformen, zu reinigen, abzuklären, zu absfraktiern. Nein, er
versucht nicht eine solche Erscheinung eines Bildes, dass an
Wolken oder auseinanderfallende Mauern erinnert, herauf zu
beschwören. Ganz im Gegenteil, André Romus verweigert das
Thema und hasst die Anekdote. Trotzdem ist Versuchung gross,
und das weiss er, Formen zu erkennen, sie zu benennen und
noch andere durch die Phantasie zu wecken. Sein Bild ist weder
Ausdruck seiner Gefühle noch das Portrait seiner Seele noch die
Begeisterung einer flüchtigen Emotion.


André Romus lebt seine Malerei als eine Art universales Wissen;
seine Suche ist die des tiefgründigen Sinn des Lebens, des
Unbekannten oder eher, wie er selbst sagt, das « Unbekannte
des Reellen ».


Wenn der Künstler seinen Spachtel mit Farbe belädt, mit Teer oder
Quartz und mit Kraft oder Zurülckhaltung auf seiner Leinwand
verteilt, sucht sich sein Körper die Kraft aus den Eingeweiden der Erde. Wenn er das Werkzeug hebt und einen Lichtstrahl
zwischen zwei Abschabsel der dichten Materie dringen lässt,
ist dies eine Demonstration des Unendlichen des Himmels, die
Verkündigung des Riesigen des Raumes, vielleicht auch ein sich
öffnender Spalt in abbysale Tiefen. Das Bild erscheint dann wie
ein Teil eines « angehaltenen Fluges » der ständigen Bewegung
mit der sich der Mensch in sein Leben prägt.



Malen als Akt, ist für André Romus keine Illustration seines
Forschens, sondern ein vollkommener Einsatz. Es ist ein
Lebensakt, körperlich wie auch geistig. Der Gedanke lenkt
die Arbeit, durchquert den Körper und führt den Arm, der ihn
verlängert. André Romus liebt diese Materie (die Leinwand, das
Papier, die Tinte, den Teer, den Quartz....), die die Idee ausdrücken.
Doch diese Materie ist manchmal rebellisch, zeigt Widerstand,
Unfälle, Unzulänglichkeiten, die kontrolliert, beherrscht werden
müssen oder…..sie so gelassen und genutzt werden. Die Arbeit ist dann ein Kampf oder ein Kompromiss zwischen der Materie
und dem Ich des Malers.Wer drängt sich dem Anderen auf?
André Romus geht den Weg der Demut. Der Unfall, so sagt er, ist
Träger der Kreativität, man soll ihn nicht verwerfen, ausradieren
oder korrigieren sondern ihn mit Vertrauen empfangen, denn es
gibt keinen Zufall und oft legt einem der Unfall den « versteckten
Weg » nahe.



Auch wenn sich die Wege unterscheiden, schliesst sich
André Romus Mondrian in seiner Behauptung an: « Durch
Verinnerlichung des als Materie bekannten und durch
Veräusserlichung des als geistig bekannten, bisher zu sehr
getrennt, wird Materie-Geist zur Einheit »?


Anne Gersten.


Mai 2004





Artwall+B, New jersey


On looking at the paintings and collages of André
Romus, one is well aware of the influence of meditation on his
art. The works indicate a rare commitment to abstraction, in
the mode called reductive, that is, despoiled of all elements of
narrative and recognizable objects, and resorting even to the
least amount of visual effect necessary. However, the artist does
not erase these elements from the painting itself. He does so
before he begins, by starting with a void.

This is the process of meditation, also that of the
original Creation. Begin with nothing, then allow the images to
penetrate the silence. Yet André Romus wishes to retain much
of his original experience. The littel bit of image that penetrates
his « glass » is more than enought. One might call this work
Minimalism, but Romus does not, for his art is not at heart an
exercise in technique(...). His work is light and airy, or, as he says,
full of long silences (...). It is the ebb and flow of the movement
of thought, the consciousness pure, the mind when it ticks on
without a subject to focus on.

The painting of Romus has a slight suggestion of color,
perhaps to indicate the continuity of movement which is broken
off. It does show the action of the paint, as well as the long an
thin ridges,white strings, the little bit of leftovers from the edges
of his trowel that he allows to remain. Romus finds the effects he
desires by applying paint with a trowel.

Romus is a painter like the Minimal artists in that he
leaves few signposts on the way to guide the viewer (…). His
approach has been taken by other artists, even American ones,
but his touch is intimate and personal.

(…) the subtlety of his surface has a tactile effect in
addition to the pleasant lyric quality of his colors and handling of
open space.


Bruno Palmer Poroner


Artspeak, New York, 1989


Divers :

Donc, résumons-nous...


Non pas les matériaux

mais la matière


Non pas l’original

mais l’originel


Non pas l’intention

mais l’attention, voire la tension


Non pas le connu de la réalité


mais l’inconnu du réel


Non pas la signification - lieu du manifeste

mais le sens - terre du latent


Non pas les idées

mais la pensée


Non pas les connaissances

mais la connaissance


Non pas la pluridisciplinarité
comme référence

mais la monomanie comme différence


En somme

le singulier

et non pas le pluriel


Andre Romus 2004