Nic Joosen

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© Province de Liège
Nic Joosen (1933-2007)


Le pas suspendu de Nic Joosen

DOMINIQUE LEGRAND - Le soir.be




mercredi 18 juin 2008, 12:46 - à l'occasion de la rétrospective au château de Jehay du 08/06/08 au 28/09/08



C'est un brin de femme. Un regard volontaire cerclé de lunettes rondes. Dans l'atelier d'Esneux, elle trace, découpe, meule, polit, courbe. Tout d'un coup, la ligne de vie se brise. Nic Joosen quitte son monde d'acier et d'équilibres tendus, le 25 novembre 2007, au terme d'une longue maladie. Jusqu'à ses derniers instants, elle aura accompagné cette exposition, une rétrospective mais aussi un signe envoyé par son ami Philippe Hoornaert.



« C'est une exposition vivante, plus qu'un hommage, défend, à même les parcs et jardins de Jehay, le commissaire de l'expo. Dès que j'ai appris que les jours étaient comptés, je me suis précipité chez elle. Nic a immédiatement accepté l'idée de l'exposition : ses sculptures, dont elle esquissait les rapports de force la nuit. Ces pièces appartiennent toutes à la famille et à l'artiste. »



Jour après jour, les deux comparses ont fait évoluer le projet. Philippe Hoornaert a procédé à l'ultime installation, disposant des pièces monumentales comme un parcours où le dialogue, la confrontation, le jeu des évolutions dans l'espace reposent sur ces fonds arborés qu'appréciait la sculpteur liégeoise.



Septante-quatre sculptures disséminées dans le parc. La genèse du grand œuvre – les esquisses, les études, de plus petits formats – à l'intérieur du domaine de Jehay, dans les Salles des cartes. De la pensée créatrice au parcours, seul le terme transfiguration envahit l'espace.



Plis, feuilles, cubes, courbes, portes, pas, vagues en acier corten jouent avec les couleurs du ciel. A l'aube, la sculpture prend des teintes violines pour s'embraser sous le soleil. La pluie la fait virer au noir, avec des reflets fauves. Eventails ou méditations, formes découplées, ces grands thèmes parsèment les jardins d'une grandeur plus grande que nature.



L'élan vital

Mobile-immobile, courbe paradoxale, défiant l'équilibre, piste de lignes et d'angles : la modernité plutôt classique de Nic Joosen s'épanouit avec bonheur dans ce merveilleux espace arboré. Née à Liège en 1933, familiarisée très jeune aux ardeurs de l'acier dans les ateliers de son père, l'invitée du château dispense son omniprésence liée à la nature. Avec son talent discret mais rigoureux, elle en reconstruit l'espace, soulignant les lignes de forces. Sa sculpture construite joue avec le sensuel, la rigueur, les vibrations de la lumière, les vides et les pleins.



Nic Joosen ouvre le parcours de l'exposition par une porte, invitation lancée à toutes formes de passage : « La porte est un lieu à franchir, et toujours une autre porte se présente à nous, déclarait Nic Joosen à Nino Polegato en 1998. La porte, c'est l'image d'un parcours, au contraire de l'échelle qui, saturée de valeurs sociales et morales, oblige toujours à monter. » Entrons. Quelqu'un nous attend. Le pas suspendu